Tout a commencé au fond d'un garage, pas en Californie comme Steve Jobs, mais dans une petite bourgade industrieuse de l'Ain, où la seule chose à faire quand on s'y trouve est d'en repartir. Pourtant le Grand Léon (baptisé ainsi par des copains d'école primaire) y est resté bien longtemps pour cause de conditionnement familial et peut être aussi par peur de l'inconnu, allez donc savoir...
Bref, au fond de ce garage un dénommé Charles, d'environ 15 à 16 ans, cassait quelques baguettes sur une batterie antédiluvienne alors que le Grand Léon, du même âge que lui, s'efforçait de transposer le doigté du do majeur sur les différentes cases du manche d'une pauvre guitare qu'il avait électrifiée lui-même. Le do majeur, c'était pour l'heure le seul accord qu'il avait découvert en observant attentivement la main gauche d'Eddie Cochran sur la pochette d'un 45 tours.
Forts de ce bagage incontestable, les deux copains décidèrent de former un groupe, l'aventure pouvait commencer.
KING SIZE
C'était le nom du groupe des débuts, des premières scènes, et même de l'église puisqu'un abbé charismatique avait décidé de faire "rock and roller" ses sermons dominicaux. Première cuite au Martini-Cointreau dans le local à surprises-parties ou le groupe avait ses quartiers et quelques copines de cheval. I can't get no...
MECANIQUE ORPHEON
Là, on rigole plus. Après avoir pris une claque en entendant le groupe Magma qui jouait en deuxième partie de soirée, les petits provinciaux décidèrent de revoir leur concept en profondeur. Au menu, des morceaux jazz-rock surréalistes d'au minimum vingt minutes.
La renommée commençait à pointer son nez en trompette, le groupe écumant tout les festivals du sud est de la France avec un certain succès.
Mais la vie est cruelle, Gisèle.
OYOJAZZ
Après les habituelles péripéties provoquées par les différents remaniements ministériles - incompatibilités d'humeur et têtes qui gonflent - le Grand Léon et les rescapés du tsunami fort dépourvus, se mirent à fréquenter le jazz-club le plus proche, y firent quelques connaissances intéressantes et se frottèrent à ces curieux amateurs éclairés de la planète swing. Une nouvelle orientation fut prise, autour de standards de bebop.
SEXTA FEIRA
Exotisme quand tu nous tiens... Les harmonies raffinées du jazz touchèrent la corde sensible du Grand Léon du coté de la Raie de Bio, pardon, de la Baie de Rio.
Il décida de bosser la bossa et réussi à convaincre son frère préféré et ses meilleurs potes pour jouer les morceaux de João Gilberto, Chico Buarque, Edu Lobo, Vinicius de Moares, Gilberto Gil... Ce fut une période faste, avec des concerts nombreux, jusqu'à Montreux, oui monsieur!
MILTON CELLULO
Le Grand Léon s'est mis à vouloir assumer ses chansons, avec l'approbation de la basse irrésistible de son ami Christian.
Après l'auto production du dernier 45 tours de l'ère du tourne-disque et qui fut de surcroît un énorme succès familial, on ne se découragea pas, et un trio vit le jour, notamment grâce à un batteur d'enfer, Laurent.
Mais la vie sépareuuuu, ceux qui s'aimeuuuu... Et les pelles se ramassent dans les feuilles mortes ! (suite à une chute en scooter, la radio de la clavicule du Grand Léon est disponible sur demande).